AES : Tchiani, Goïta et Traoré dénoncent une « agression » américaine contre Maduro
Le 8 janvier 2026, l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a vivement condamné l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis. Dans un communiqué officiel, les trois régimes militaires ont qualifié l’opération américaine d’« agression » et de « violation grave du droit international », en appelant à une réaction formelle du Conseil de sécurité de l’ONU.
Cette déclaration s’inscrit dans une logique de réorientation stratégique de la diplomatie sahélienne. En se posant comme défenseurs de la souveraineté des États du Sud, Ibrahim Traoré, Assimi Goïta et Abdourahamane Tchiani entendent élargir leur influence au-delà du cadre sahélien, dans un contexte de rupture assumée avec les partenaires occidentaux traditionnels.
L’AES multiplie les gestes de défiance à l’égard des États-Unis, de la France et de la CEDEAO, tout en affichant un rapprochement croissant avec la Russie, l’Iran ou encore le Venezuela. Cette posture, marquée par une rhétorique anti-impérialiste, vise à réaffirmer la légitimité de leur pouvoir militaire à l’échelle internationale.
En dénonçant l’arrestation de Maduro, les chefs d’État de l’AES cherchent aussi à retourner contre leurs détracteurs le principe de non-ingérence, souvent invoqué contre leurs propres pratiques autoritaires.
Cette initiative révèle leur ambition de peser dans les débats globaux, mais expose aussi leur propre paradoxe : s’opposer à l’interventionnisme tout en s’appuyant sur des acteurs étrangers controversés, comme les mercenaires du groupe Wagner.
Avec les informations de Africapresse