Afrique : controverse sur des accords sanitaires avec les États-Unis

Quatorze pays africains, dont le Kenya, l’Ouganda, le Nigeria et le Rwanda, ont signé des accords sanitaires avec les États-Unis dans le cadre de l’initiative « America First Global Health ». Ces accords imposent un partage rapide de données de santé et d’échantillons d’agents pathogènes, ainsi que le respect de conditions de performance pour recevoir des financements.

Les experts africains mettent en garde contre la perte de contrôle national. Selon eux, les priorités sanitaires sont définies à l’extérieur et les systèmes de surveillance risquent de marginaliser les institutions locales. Au Kenya, la Haute Cour a suspendu certaines dispositions relatives au transfert de données sensibles.

Les critiques soulignent aussi les implications financières : les États doivent augmenter leurs dépenses de santé pour respecter les indicateurs de performance. Le partage d’échantillons de pathogènes soulève des questions sur les bénéfices scientifiques et commerciaux pour les pays d’origine.

Pour Allan Maleche et Aggrey Aluso, ces accords fragilisent la confiance publique et réduisent la capacité des gouvernements africains à décider de leurs politiques sanitaires. Peter Waiswa ajoute que la coopération pays par pays affaiblit l’approche régionale et le pouvoir de négociation collective du continent.

Si les accords apportent des ressources et des outils de surveillance, ils posent un défi de gouvernance : la priorité doit être de renforcer les institutions africaines et garantir un contrôle démocratique des systèmes de santé.

Avec les informations de SCIDEV
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