Guinée : les accusations de « disparitions forcées » ternissent l’investiture de Mamadi Doumbouya

L’enlèvement de l’opposante guinéenne Néné Oussou Diallo, le 9 janvier 2026, jette une ombre sur la phase finale de transition politique en Guinée, à moins d’une semaine de l’investiture du général Mamadi Doumbouya, prévue le 17 janvier. Militante de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), parti suspendu depuis six mois, elle aurait été enlevée par des hommes en uniforme, encagoulés, circulant à bord de trois pick-up non immatriculés, selon un communiqué de Cellou Dalein Diallo.

Vingt-quatre heures après les faits, aucune information officielle n’avait permis de localiser la victime. L’opposition dénonce un mode opératoire récurrent, alors que les enlèvements ciblant opposants, journalistes et acteurs de la société civile se multiplient depuis 2024. Parmi les cas cités figurent les activistes Foniké Mengué, Billo Bah et le journaliste Habib Marouane Camara, ainsi que des proches de figures critiques du régime.

Ces événements surviennent dans un contexte politique tendu, marqué par la présidentielle du 28 décembre 2025, remportée par Mamadi Doumbouya à l’issue d’un scrutin contesté, notamment sur le taux de participation officiellement fixé à 80 %. Le futur président entamera un mandat de sept ans, renouvelable une fois, consolidant une trajectoire institutionnelle largement dominée par l’armée depuis le coup d’État du 5 septembre 2021.

Sur le plan politique et régional, cette affaire alimente les critiques sur le durcissement autoritaire du régime guinéen et fragilise sa quête de légitimité internationale, notamment vis-à-vis de la Cedeao et des partenaires occidentaux, sensibles aux questions de droits humains. Elle renforce également les craintes d’une normalisation des pratiques répressives dans l’espace ouest-africain, à un moment où plusieurs transitions militaires peinent à rétablir un ordre constitutionnel crédible.

Avec les informations de Courrier International 
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