Égypte : Le Caire accélère la localisation industrielle de l’énergie éolienne
L’Égypte renforce sa stratégie de souveraineté énergétique en cherchant à développer une industrie locale de fabrication d’équipements éoliens, afin de réduire sa dépendance aux importations. Le 23 janvier 2026, une délégation du groupe chinois Sany, l’un des leaders mondiaux du secteur, a rencontré le ministre de l’Électricité, Mahmoud Esmat, pour discuter d’un transfert de technologies, de partenariats industriels et de coopération dans la production de composants d’éoliennes.
Cette initiative intervient alors que le pays accélère ses projets d’envergure. En juin 2025, la centrale éolienne de Ras Ghareb (500 MW), développée par AMEA Power et Sumitomo, est devenue la plus grande d’Afrique, avec une production annuelle de 2 500 GWh. Pourtant, selon un rapport du Département américain du Commerce (2024), aucune turbine ni composant majeur n’est produit localement, ce qui limite les retombées industrielles et l’emploi.
Les autorités visent officiellement un contenu local de 30 à 70 %, un objectif encore jamais atteint à grande échelle. Avec un potentiel technique de 2 319 GW (IFC), l’Égypte dispose pourtant d’un des plus forts gisements éoliens du continent. L’emploi progresse déjà : les effectifs du secteur sont passés de 4 000 à 5 200 emplois entre 2023 et 2024 (IRENA).
Sur le plan régional, cette stratégie positionne Le Caire comme un hub industriel et énergétique pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, capable d’exporter équipements et services vers le continent. Elle renforce aussi son rôle dans la transition énergétique africaine, à l’heure où la concurrence s’intensifie avec le Maroc, l’Algérie et l’Afrique du Sud. L’objectif est clair : porter le renouvelable à 42 % du mix électrique en 2030, puis 65 % en 2040.
Avec les informations de La tribune