Mali : Bamako mise sur le port de Conakry pour desserrer l’étau de Dakar et Abidjan

Le Mali accélère sa stratégie de désenclavement en renforçant sa coopération avec la Guinée, afin de réduire sa dépendance structurelle vis-à-vis des ports de Dakar et Abidjan. Lors du Conseil des ministres du 28 janvier 2026, Bamako a validé deux accords bilatéraux majeurs portant sur la coopération maritime et routière, offrant au Mali des droits d’usage privilégiés, des espaces dédiés et des facilités logistiques au port de Conakry.

Ce partenariat repose également sur un échange foncier stratégique. La Guinée a déjà mis à disposition 20 hectares aux Entrepôts maliens à Kankan, tandis que le Mali a acté la cession gratuite de 10 hectares à Tomodo-Koumacra, à proximité de l’axe routier Kouremalé–Bamako, pour l’implantation d’infrastructures logistiques guinéennes.

Cette réorientation trouve son origine dans les sanctions de la Cédéao en 2022, qui ont mis en évidence la vulnérabilité du Mali face à la concentration de ses flux commerciaux. Selon RFI, les exportations maliennes transitant par la Guinée ont progressé de 299 tonnes en 2022 à 7 624 tonnes en 2023, une dynamique confirmée au premier semestre 2024.

Cependant, cette alternative reste marginale au regard des volumes traités par les corridors traditionnels. En 2025, le port de Dakar a réceptionné près de 2,5 millions de tonnes de marchandises maliennes, tandis qu’Abidjan en a enregistré 835 216 tonnes, en hausse de 24,3 % sur un an.

Le succès du corridor guinéen dépendra désormais de la compétitivité tarifaire de Conakry, de la modernisation des infrastructures routières et de la sécurisation durable de cet axe stratégique.

Avec les informations de Guinée 28
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