Mali : la présidence renforce son contrôle sur un secteur minier clé

Le Mali a franchi une nouvelle étape dans la reprise en main de son secteur aurifère avec la création d’un poste ministériel placé directement auprès de la présidence. Cette fonction, confiée à Hilaire Bébien Diarra, ancien cadre du groupe Barrick et spécialiste des sciences de la terre, vise à renforcer le pilotage stratégique d’un secteur qui représente la principale source de recettes d’exportation du pays.

La réforme intervient dans un contexte de transition militaire marquée par une volonté de sécuriser les revenus et de centraliser les arbitrages. Désormais, les grands permis et les négociations contractuelles seront traités au niveau du palais présidentiel, tandis que la régulation quotidienne reste du ressort du ministère des Mines. L’objectif affiché est de réduire les délais, uniformiser les pratiques et améliorer la traçabilité des obligations contractuelles.

Ce repositionnement s’appuie sur le code minier adopté en 2023, qui accorde à l’État 10 % de participation gratuite dans chaque projet et la possibilité d’acquérir jusqu’à 20 % supplémentaires durant les deux premières années de production, dont 5 % réservés aux privés maliens. Les textes renforcent également les clauses de non-dilution et la priorité de dividendes.

Le dossier Loulo-Gounkoto illustre cette nouvelle approche. Après deux ans de contentieux, un accord a été conclu fin novembre 2025, permettant la reprise des opérations en échange de l’adhésion au nouveau cadre légal. Les autorités espèrent ainsi stabiliser la production, préserver l’emploi et augmenter durablement les recettes publiques grâce à un meilleur recouvrement fiscal et à un suivi renforcé des exportations.

À moyen terme, la crédibilité de cette réforme dépendra de la publication régulière des données, de la coordination interinstitutionnelle et de la prise en compte des impacts sociaux et environnementaux sur les communautés riveraines.

Avec les informations de Mali Actu
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