Niger : la junte rejette les accusations de vol d’uranium après l’ouverture d’une enquête en France
Au Niger, le régime militaire a vigoureusement rejeté, le 28 décembre 2025, les accusations de « vol » formulées après l’ouverture à Paris d’une enquête pour vol en bande organisée au profit d’une puissance étrangère, à la suite de la disparition d’uranium sur le site de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), anciennement exploitée par le groupe français Orano.
Selon les autorités nigériennes, ces accusations constituent une remise en cause directe de la souveraineté nationale sur les ressources minières. Le ministre des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, a affirmé que « l’on ne peut pas voler ce que l’on possède légitimement », qualifiant la polémique de « dérive rhétorique dangereuse ». De son côté, le ministre de la Justice, Alio Daouda, accuse Orano d’avoir laissé 58 milliards de FCFA d’impayés et d’avoir historiquement minoré la teneur de l’uranium nigérien.
Fin novembre 2025, Orano avait signalé qu’un chargement avait quitté le site de la Somaïr, nationalisé en juin 2025, alors que l’entreprise détenait auparavant 63,4 % du capital contre 36,6 % pour l’État nigérien. Le groupe français estime que le site abrite environ 1.300 tonnes de concentré d’uranium, représentant une valeur marchande de 250 millions d’euros, et affirme qu’un tribunal international a ordonné au Niger de ne pas vendre cette production.
Ce dossier illustre la rupture stratégique entre Niamey et Paris, dans un contexte où le Niger, qui représente 4,7 % de la production mondiale d’uranium, cherche de nouveaux partenaires, notamment la Russie ou l’Iran, renforçant les tensions géopolitiques autour des ressources stratégiques sahéliennes.
Avec les informations de Le Figaro