Niger : sans Orano, la production d’uranium cherche un nouveau souffle

Le Niger tente de relancer sa filière uranium après la rupture avec son partenaire historique, Orano. En 2024, la production nationale est tombée à 962 tonnes, soit plus de quatre fois moins qu’en 2015, année où le pays produisait 4 116 tonnes et occupait le rang de premier producteur africain. Cette chute s’est accélérée après le coup d’État de juillet 2023 et la nationalisation de la Somaïr en juin 2025, dernière mine encore active.

La baisse s’explique aussi par la fermeture de la Cominak en 2021, faute de réserves, et l’arrêt de la Somina dès 2014 pour raisons de rentabilité. Mais le contexte international devient plus favorable : le prix de l’uranium est passé de moins de 30 dollars la tonne en 2021 à plus de 81 dollars en décembre 2025. La demande mondiale progresse, avec une capacité nucléaire attendue à 1 446 GWe d’ici 2050.

Dans ce contexte, la mine sino-nigérienne Somina pourrait redémarrer, même si sa production maximale historique n’a jamais dépassé 201 tonnes par an. Le principal espoir repose sur le projet Dasa du canadien Global Atomic, qui vise une production annuelle moyenne de 1 315 tonnes à partir de 2027, sur 24 ans. Le projet reste toutefois freiné par des contraintes financières et logistiques, notamment la fermeture de la frontière avec le Bénin.

À court terme, la Somaïr reste la seule source de production, avec environ 2 000 tonnes extraites depuis juillet 2023. La Russie, via Rosatom, apparaît désormais comme un partenaire potentiel, renforçant le basculement stratégique du Niger vers de nouveaux acteurs.

Avec les informations de La Tribune 
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