Niger : une cargaison d’uranium de 1 000 tonnes bloquée à l’aéroport de Niamey
Au Niger, une cargaison sensible de concentré d’uranium, estimée à au moins 1 000 tonnes, demeure bloquée depuis plusieurs semaines à l’aéroport de Niamey, illustrant les difficultés stratégiques et diplomatiques de la junte au pouvoir. Selon des images satellites analysées par l’AFP, 34 camions ont rejoint l’enceinte militaire de l’aéroport entre le 3 et le 5 décembre 2025, après avoir quitté la zone minière d’Arlit fin novembre. Si quatre camions seulement étaient encore visibles mi-janvier, la totalité du chargement resterait stockée dans des zones sécurisées.
Ce « yellow cake » s’inscrit au cœur de la politique de souveraineté minière revendiquée par les autorités issues du coup d’État de juillet 2023. En juin 2024, Niamey a nationalisé la Somaïr, filiale du groupe français Orano, avant d’annoncer sa volonté de vendre l’uranium sur le marché international. Orano conteste cette opération et une enquête judiciaire a été ouverte en France pour « vol en bande organisée », un contentieux susceptible d’entraver tout transit international.
Sur le plan logistique, le Niger, pays enclavé, se heurte à des obstacles majeurs. Les frontières avec le Bénin et le Nigeria sont politiquement tendues, rendant inaccessible le port béninois de Sèmè-Kpodji. Une alternative via le Togo impliquerait un passage par l’ouest nigérien et le Burkina Faso, où l’insécurité est extrême : la région de Tillabéri a enregistré plus de 1 200 morts en 2025, selon l’ONG ACLED.
Une option aérienne est évoquée, après l’observation de deux avions russes Iliouchine Il-76 sur le tarmac début janvier, sans confirmation officielle. L’acheteur reste inconnu, et Moscou, bien que partenaire stratégique de Niamey, n’a pas formellement manifesté son intérêt. Ce dossier met en lumière les tensions entre souveraineté nationale, contraintes sécuritaires et équilibres géopolitiques dans le Sahel.
Avec les informations de Le Figaro