Niger : vers des actions judiciaires contre Orano pour l’exploitation de l’uranium

Le Niger engage une nouvelle étape dans son bras de fer avec l’opérateur nucléaire français Orano. Un comité d’experts, soutenu par les pays de l’Alliance des États du Sahel, a été constitué afin de préparer des actions juridiques liées à l’exploitation de l’uranium nigérien. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de remise en cause profonde d’un modèle d’exploitation en place depuis les années 1960.

L’extraction d’uranium a débuté en 1968 à Arlit, puis à Akokan dans les années 1970, faisant du Niger un fournisseur clé de la France. Jusqu’en 2023, environ 15 % de l’uranium utilisé par la France provenait du sous-sol nigérien, alors que près de 70 % de l’électricité française repose sur le nucléaire. Pourtant, les autorités nigériennes estiment que ces activités ont généré peu de retombées économiques locales, tout en laissant derrière elles pollution, corruption et déséquilibres sociaux.

En juin 2024, le gouvernement a nationalisé la Société des Mines de l’Aïr (SOMAIR), reprochant à Orano d’avoir capté 86,3 % de la production entre 1971 et 2024. Orano, actionnaire à 63 %, a contesté la décision et annoncé des demandes de compensation. La tension s’est accentuée en décembre 2025 avec la découverte de près de 400 tonneaux de déchets radioactifs près de Madaouéla, présentant des niveaux de radiation supérieurs aux normes.

Niamey réclame désormais des réparations financières, sanitaires et environnementales, dans un contexte de dégradation des relations diplomatiques avec Paris et d’affirmation d’une souveraineté renforcée sur les ressources naturelles.

Avec les informations de Mali Actu
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