Tchad : le rapprochement avec la France dicté par l’urgence sécuritaire
Un an après avoir mis fin à 60 ans de présence militaire française sur son sol en novembre 2024, le Tchad amorce un net rapprochement avec Paris, principalement pour répondre à une dégradation rapide de son environnement sécuritaire. Cette inflexion a été actée lors de la rencontre, le 29 janvier 2026, entre le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno et son homologue français Emmanuel Macron, les deux dirigeants affirmant leur volonté d’un partenariat « revitalisé ».
Le Tchad est directement exposé aux conséquences de la guerre au Soudan, pays avec lequel il partage plus de 1000 kilomètres de frontière. Depuis avril 2023, ce conflit a causé plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes, dont environ 1 million accueillis au Tchad, selon l’ONU. Les débordements sécuritaires se sont intensifiés, avec notamment deux incursions armées attribuées aux Forces de soutien rapide (FSR), ayant entraîné la mort de neuf soldats tchadiens depuis fin décembre 2025.
Parallèlement, l’armée tchadienne fait face à une résurgence des groupes rebelles, avec des combats meurtriers signalés dans le sud du pays à la mi-janvier 2026, une zone jusque-là moins exposée. Privée depuis 2024 des capacités de renseignement et d’appui technique français, l’armée peine à sécuriser simultanément ses frontières orientales, méridionales et la région du lac Tchad, où persistent les menaces de Boko Haram et de l’ISWAP.
Dans ce contexte, N’Djamena voit dans le soutien français un levier stratégique, tant sur le plan militaire que diplomatique, espérant également un appui auprès de l’Union européenne, du FMI et de la Banque mondiale. Pour Paris, ce rapprochement marque une opportunité de réinvestir le Sahel après ses retraits successifs depuis 2022.
Avec les informations de TV5 Monde