Éthiopie : Addis-Abeba dément tout financement américain du barrage du Nil
L’Éthiopie a formellement rejeté les affirmations selon lesquelles les États-Unis auraient financé la construction du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Devant la Chambre des représentants du peuple, le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré mardi que son pays n’avait reçu « pas un seul centime » d’aucun gouvernement étranger pour ce projet stratégique, précisant qu’il avait été entièrement financé par des ressources internes.
Construit sur le Nil Bleu, près de la frontière avec le Soudan, le GERD est le plus grand projet hydroélectrique d’Afrique. Son financement repose, selon Addis-Abeba, sur des campagnes nationales de souscription menées pendant plusieurs années, impliquant l’État, les entreprises et la population. Le barrage constitue un pilier de la stratégie énergétique éthiopienne, mais reste au cœur de différends diplomatiques persistants avec l’Égypte et le Soudan, inquiets de son impact potentiel sur le débit des eaux en aval.
Cette mise au point intervient après des déclarations du président américain Donald Trump, fin janvier, suggérant que Washington aurait financé le barrage. Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, il s’était interrogé sur le rôle des États-Unis dans ce projet. Des propos démentis à plusieurs reprises par les autorités éthiopiennes.
Parallèlement, Abiy Ahmed a annoncé l’achèvement prochain d’un autre projet hydroélectrique majeur sur le fleuve Omo, doté d’une capacité installée de 2 200 mégawatts et d’une production annuelle estimée à 6 460 gigawattheures. Ce développement s’inscrit dans l’objectif de renforcer l’autonomie énergétique du pays.
Dans une lettre adressée au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, Donald Trump a proposé de relancer les négociations autour du GERD. Selon plusieurs sources, cette initiative vise à reprendre une médiation régionale sur le partage des eaux du Nil, un dossier bloqué depuis plusieurs années.
Avec les informations de Africanews