Zimbabwe : un projet de réforme pour prolonger le mandat présidentiel divise la classe politique

Le gouvernement du Zimbabwe a approuvé, mardi 10 février, un projet de réforme constitutionnelle susceptible de prolonger de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa et de modifier en profondeur le mode d’élection du chef de l’État. Selon le texte présenté à l’issue du Conseil des ministres, le président ne serait plus élu au suffrage universel direct, mais par le Parlement. Le projet doit encore être soumis au vote des députés, où le parti au pouvoir, la Zanu-PF, dispose de la majorité des deux tiers requise.

Âgé de 83 ans, Emmerson Mnangagwa dirige le pays depuis 2017, après l’éviction de Robert Mugabe à la suite d’un coup d’État. Réélu en 2018 puis en 2023, il fait l’objet de critiques récurrentes liées à la corruption, aux atteintes aux droits humains et à son incapacité à redresser durablement une économie fragilisée par une inflation élevée entre 2019 et 2024. En octobre dernier, la Zanu-PF avait déjà adopté une résolution interne visant à prolonger son mandat de 2028 à 2030.

Le processus proposé suscite une vive contestation. Le ministre de la Justice, Ziyambi Ziyambi, a indiqué que la réforme pourrait être examinée par le Parlement après un délai légal de 90 jours, sans mentionner la tenue d’un référendum. L’opposition juge cette procédure illégale et estime qu’un tel amendement constitutionnel doit obligatoirement être soumis au vote populaire.

Pour les critiques, cette réforme renforce la mainmise de la Zanu-PF sur les institutions et fragilise davantage la démocratie zimbabwéenne, déjà éprouvée par des tensions politiques, économiques et sociales persistantes.

Avec les informations de Africa Radio
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