Ouganda : Amnesty alerte sur la répression ciblée de l’opposition avant la présidentielle
À l’approche de l’élection présidentielle du 15 janvier 2026 en Ouganda, Amnesty International publie un rapport dénonçant une répression croissante visant l’opposition politique. Le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quarante ans, affrontera à nouveau Bobi Wine, chanteur devenu figure de l’opposition. Selon l’ONG, les partisans de ce dernier subissent depuis novembre une campagne coordonnée d’intimidation et de violences orchestrée par les forces de sécurité.
Amnesty évoque des rassemblements violemment réprimés, l’usage de la torture, des arrestations arbitraires et plusieurs décès lors de bousculades provoquées par les interventions policières. Fin novembre, un militant du parti de Bobi Wine, la Plateforme unité nationale (NUP), a été tué par balle lors d’un meeting. L’opposant dénonce régulièrement ces brutalités sur ses réseaux sociaux, sans que le gouvernement ne reconnaisse de faute.
Deux incidents survenus à Kawempe et Iganga les 24 et 28 novembre ont cristallisé les tensions. La police a affirmé avoir été attaquée par les militants du NUP, justifiant le recours à la force. Ces récits sont toutefois contredits par plusieurs témoignages et vidéos circulant en ligne. Amnesty estime qu’au moins 400 personnes ont été arrêtées depuis le début de la campagne, souvent pour des accusations vagues comme « incitation à la violence » ou « dommages à la propriété ».
Ces pratiques alimentent un climat de peur et de tension politique dans un pays où la liberté d’expression reste étroitement surveillée. Les ONG et diplomaties étrangères pointent un recul démocratique préoccupant, alors que la contestation populaire autour de Bobi Wine gagne du terrain dans les zones urbaines et auprès de la jeunesse.
La répétition de ces violences à chaque cycle électoral soulève des interrogations sur la crédibilité du scrutin. Face à une opposition fragilisée par la répression, le régime de Museveni semble privilégier la force au dialogue politique, consolidant un statu quo autoritaire avant l’ouverture des urnes.
Avec les informations de Africanews et AP