Algérie : le phosphate se tourne vers l’Asie, l’Europe sous pression

L’Algérie accélère sa stratégie minière en orientant sa filière phosphate vers l’Asie, alors que l’Europe réorganise ses approvisionnements pour réduire sa dépendance à la Russie. Le 20 janvier 2026, un accord de principe a été signé entre Somiphos, filiale du groupe public Sonarem, et Pupuk Indonesia, principal producteur d’engrais d’Indonésie. Ce partenariat vise à sécuriser des débouchés asiatiques pour les engrais algériens.

Le cœur du dispositif repose sur le Projet Intégré Phosphate (PPI), centré sur le gisement de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa. Les réserves sont estimées à 2,2 milliards de tonnes. L’Algérie a choisi de transformer localement le minerai en acide phosphorique et en engrais (DAP/MAP), avant exportation via le port d’Annaba. Cette chaîne intégrée mine–chimie–rail–port est au centre de sa compétitivité.

L’investissement clé est porté par une coentreprise algéro-chinoise créée en mars 2022, avec un budget d’environ 7 milliards de dollars. L’objectif à terme est une capacité de production estimée entre 5,4 et 5,5 millions de tonnes d’engrais par an. En parallèle, un accord signé en août 2025 avec le pakistanais Fatima Fertilizers vise à sécuriser des contrats à long terme.

En Europe, la situation se complexifie. La part des engrais russes a reculé fin 2025, mais la production locale reste freinée par le coût du gaz. Dès 2026, le mécanisme carbone CBAM imposera un coût supplémentaire sur les engrais importés. Ce contexte pousse l’Algérie à privilégier les marchés asiatiques, moins contraints sur le plan climatique, tout en restant en concurrence directe avec le Maroc et l’Égypte.

Avec les informations de La Tribune 
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