Sahel : Washington maintient une coopération sécuritaire discrète avec l’AES

Les États-Unis poursuivent une coopération sécuritaire, bien que discrète, avec les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), malgré la suspension officielle de certaines relations après les coups d’État survenus entre 2020 et 2023. C’est ce qu’a affirmé le lieutenant-général John Brennan, commandant adjoint du Commandement américain pour l’Afrique (Africom), dans un entretien accordé à l’AFP à Abuja.

Selon le haut gradé, Washington a continué à partager des renseignements avec ces armées pour frapper des « cibles terroristes clés », notamment liées à l’État islamique. « Nous parlons toujours à nos partenaires militaires dans les États sahéliens, même si ce n’est pas officiel », a-t-il précisé, soulignant une approche pragmatique face à la menace jihadiste régionale.

Parallèlement, les États-Unis renforcent leur coopération avec le Nigeria, en augmentant les livraisons de matériel, le soutien logistique et le partage de renseignements. Cette stratégie s’inscrit dans une intensification des opérations antijihadistes, notamment contre l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) et Boko Haram, actifs depuis 2009 dans le nord-est du pays.

John Brennan a également assuré que Washington ne cherchait pas à établir de nouvelles bases militaires en Afrique de l’Ouest, après l’expulsion des troupes américaines du Niger et la fermeture de la base de drones d’Agadez.

Dans un contexte de pressions diplomatiques américaines sur Abuja concernant la protection des civils, le responsable d’Africom a insisté sur le fait que le renseignement américain ne se limiterait pas à une communauté religieuse, mais viserait l’ensemble des groupes armés menaçant la stabilité régionale.

Avec les informations de Jeune Afrique 
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