Algérie : réformes politiques annoncées, crédibilité en suspens
L’Algérie a ouvert en ce début d’année 2026 un nouveau cycle de réformes politiques portant sur les amendements constitutionnels, la loi sur les partis et le code électoral. À l’Assemblée populaire nationale (APN), partis de la coalition présidentielle et formations d’opposition sont auditionnés, une démarche présentée par les autorités comme une rupture avec les pratiques d’exclusion passées.
Dans la communication officielle, cette séquence est décrite comme une avancée vers un pluralisme rénové. Pourtant, les marges de manœuvre apparaissent limitées. Le cadre des débats demeure strictement balisé par l’exécutif, sans remise en cause des équilibres institutionnels ni clarification sur l’ampleur réelle des changements possibles.
L’absence de contestation visible, souvent mise en avant comme un signe d’apaisement, reflète aussi l’affaiblissement du champ partisan après plusieurs années de pression politique et judiciaire. La participation de partis historiquement critiques, comme le RCD, est citée comme preuve d’ouverture, mais elle illustre surtout la réduction des espaces d’expression autonome.
Sur le fond, les discussions se limitent à des ajustements techniques. Aucune garantie n’est donnée sur des enjeux centraux tels que l’indépendance de l’administration électorale, l’égalité d’accès aux médias publics ou la neutralité de l’appareil d’État.
Alors que le pouvoir tente de réinvestir le champ politique après avoir priorisé l’économie et le social, les prochaines échéances électorales pourraient surtout confirmer un schéma déjà observé : des scrutins organisés sur le plan technique, mais faiblement mobilisateurs sur le plan politique. Sans garanties institutionnelles solides ni confiance populaire retrouvée, ces réformes risquent de s’inscrire dans la continuité d’un réformisme contrôlé plutôt que d’une transformation démocratique réelle.
Avec les informations de APANews