Algérie : Tebboune ouvre la voie à la régularisation des migrants en situation irrégulière à l’étranger

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé, lors du Conseil des ministres du 11 janvier 2026, une mesure exceptionnelle de régularisation des ressortissants algériens vivant à l’étranger en situation « irrégulière et de précarité ». Le dispositif prévoit notamment la délivrance de passeports dans les consulats, ouvrant la possibilité d’un retour légal au pays pour des dizaines de milliers de migrants clandestins, communément appelés harragas.

Selon la présidence, cette mesure concerne des ressortissants ayant commis des infractions légères, à l’exclusion des auteurs de crimes de sang, de trafics de drogues ou d’armes, ainsi que des personnes accusées de collaboration avec des services de sécurité étrangers. Les autorités affirment vouloir mettre fin à des situations de détresse sociale extrême, évoquant pauvreté, exploitation et instrumentalisation politique à l’étranger.

Les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène. D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 54 000 Algériens ont gagné l’Europe entre 2020 et 2024. En 2025, plus de 9 500 migrants algériens ont rejoint l’Espagne par voie maritime, confirmant la persistance de la harga malgré sa criminalisation depuis 2009, passible de 2 à 6 mois de prison et d’amendes allant jusqu’à 60 000 dinars.

Sur le plan diplomatique, cette initiative peut être lue comme un signal adressé aux pays européens, notamment la France, l’Espagne et l’Italie, principaux pays d’accueil, dans un contexte de coopération migratoire sous tension. Elle vise aussi à reprendre la main sur un dossier sensible affectant l’image de l’État algérien à l’international.

Cependant, la méfiance des migrants reste forte. Beaucoup redoutent arrestations et poursuites judiciaires à leur retour, tandis que les facteurs structurels du départ — crise sociale, manque de perspectives et désillusion politique depuis le hirak de 2019 — demeurent largement inchangés, limitant la portée réelle de cette mesure.

Avec les informations de Jeune Afrique 
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