Mali–Niger : Niamey sanctionne des transporteurs sur fond de pénurie de carburant

Le Niger a durci le ton face aux transporteurs refusant d’acheminer du carburant vers le Mali, confronté à une nouvelle crise d’approvisionnement. Le ministère nigérien des Transports a annoncé la suppression totale du droit d’exercer pour 14 opérateurs de transport d’hydrocarbures, le retrait des permis de conduire de 19 chauffeurs, ainsi que la suspension d’un agrément pour un an, invoquant un refus de se conformer à une réquisition officielle.

Selon les autorités, ces sanctions visent des acteurs ayant refusé de livrer du carburant au Mali, pays allié du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). En octobre et novembre 2025, Bamako avait déjà subi une grave pénurie due à un blocus du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). En réponse, Niamey, producteur de pétrole, avait fait acheminer 82 camions-citernes sur un trajet de 1 400 kilomètres, sous escorte militaire.

Les décisions ont suscité des critiques du Syndicat démocratique des routiers du Niger, qui dénonce des sanctions jugées disproportionnées et appelle au dialogue. Malgré un répit temporaire, le Mali fait face à de nouvelles tensions sur l’approvisionnement, notamment à l’aéroport de Bamako, où plusieurs vols ont été annulés ou reportés.

Sur le plan régional, cette affaire illustre la dépendance énergétique croissante entre les États de l’AES et la volonté des juntes sahéliennes de imposer une solidarité stratégique, y compris par des mesures coercitives. Elle intervient dans un contexte de dégradation sécuritaire commune : attaques jihadistes au Mali et au Burkina Faso, et menaces contre les infrastructures pétrolières nigériennes par le MPLJ. À terme, ces tensions pourraient fragiliser les chaînes logistiques régionales et accentuer les risques économiques et diplomatiques au sein de l’AES.

Avec les informations de Jeune Afrique 
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