Algérie : une loi pour criminaliser le colonialisme français, la question kabyle éludée

L’Assemblée populaire nationale (APN) algérienne doit examiner, le dimanche 21 décembre 2025, une proposition de loi visant à criminaliser l’ensemble des exactions commises durant la colonisation française en Algérie, entre 1830 et 1962. Porté par une commission parlementaire réunissant des députés de plusieurs formations, le texte marque une nouvelle étape dans la stratégie mémorielle des autorités algériennes.

Composé de 54 articles, le projet qualifie les opérations militaires et politiques de la France coloniale de « crimes contre l’humanité », affirme leur caractère imprescriptible et ouvre la voie à des demandes de réparations matérielles et morales. Celles-ci pourraient bénéficier à l’État algérien, à des associations ainsi qu’à des particuliers. Le texte prévoit également que l’Algérie s’abstienne de conclure tout accord avec la France tant qu’une reconnaissance officielle des crimes coloniaux n’aura pas été actée.

L’examen portera sur la présentation du projet, son rapport introductif et les interventions des chefs de groupes parlementaires. Pour plusieurs historiens et responsables politiques, cette initiative s’inscrit dans une démarche de justice mémorielle face à ce qu’ils perçoivent comme une minimisation persistante du fait colonial dans le débat français. Ils rappellent que confiscations de terres, déplacements forcés et répressions ont durablement marqué la société algérienne.

Cependant, ce débat parlementaire suscite des critiques internes. Des acteurs politiques et militants reprochent à l’APN de passer sous silence la question kabyle, alors que des mouvements indépendantistes affirment avoir proclamé l’indépendance de la Kabylie le 14 décembre 2025. Selon eux, cette focalisation sur le contentieux colonial contraste avec l’absence de reconnaissance d’une crise politique interne.

Cette initiative intervient enfin dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Alger et Paris, ravivées par les enjeux historiques et mémoriels non résolus.

Avec les informations Sahel Intelligence 
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