Algérie : une révision constitutionnelle qui alimente les soupçons du pouvoir
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a tenté de dissiper les inquiétudes entourant une révision annoncée de la Constitution, lors d’un entretien avec la presse nationale diffusé le 10 février 2026. Le chef de l’État présente cet amendement comme un ajustement strictement « technique » du texte fondamental adopté par référendum en 2020, excluant toute réforme politique majeure.
Selon Tebboune, cette révision vise à corriger des difficultés d’application constatées depuis cinq ans, en particulier le mécanisme de renouvellement par moitié des membres du Conseil de la nation. Il affirme que ces modifications ont pour seul objectif de renforcer l’efficacité institutionnelle et de consolider « une véritable démocratie », sans remettre en cause l’architecture générale du système politique.
Face aux spéculations liant cette révision à une éventuelle levée de la limitation des mandats présidentiels, le président a rejeté « sans ambiguïté » toute hypothèse de troisième mandat. Il a dénoncé des tentatives de « déstabilisation » émanant d’acteurs extérieurs, une rhétorique régulièrement utilisée pour discréditer les critiques internes.
Parallèlement, Abdelmadjid Tebboune a annoncé un amendement en préparation de la loi sur les partis politiques, présenté comme une réponse aux attentes de la classe politique et comme une étape supplémentaire vers le pluralisme. Aucune échéance chiffrée n’a toutefois été avancée concernant l’adoption de ces réformes.
Malgré ces garanties, le scepticisme persiste. Dans un pays marqué par une participation électorale historiquement basse, une opposition fragmentée et des institutions dominées par l’exécutif, toute révision constitutionnelle, même qualifiée de technique, ravive les interrogations sur l’équilibre réel des pouvoirs et l’évolution de la gouvernance algérienne.
Avec les informations de APANews