Sénégal : un étudiant tué à l’UCAD, l’État reconnaît des violences policières
La mort d’un étudiant lors de heurts avec la police à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a provoqué une onde de choc au Sénégal. Lundi 10 février 2026, Abdoulaye Ba, étudiant en médecine, a succombé à ses blessures après une intervention musclée des forces de défense et de sécurité (FDS) sur le campus, théâtre de manifestations étudiantes liées au non-paiement d’arriérés de bourses.
Lors d’un point de presse, le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a qualifié les faits de « tragédie » et reconnu des « actes de violence » émanant des forces de sécurité, qu’il a dit ne pas cautionner. Il a annoncé l’ouverture d’une enquête susceptible d’aboutir à des sanctions et affirmé qu’« il ne devrait plus y avoir de bavures policières au Sénégal ». Selon les autorités, 48 membres des forces de l’ordre ont été blessés. Aucun bilan officiel n’a été communiqué concernant les étudiants.
L’intervention policière a été justifiée par des renseignements faisant état de menaces contre les infrastructures du campus social. Les autorités affirment que des étudiants auraient tenté d’endommager le restaurant universitaire et utilisé des cocktails Molotov. À la suite des affrontements, le campus social a été fermé « jusqu’à nouvel ordre », contraignant des centaines d’étudiants à quitter leurs logements. Un collectif évoque par ailleurs la détention de 105 étudiants.
Réputée en Afrique de l’Ouest, l’UCAD accueille plusieurs dizaines de milliers d’étudiants et concentre régulièrement des tensions sociales. Dans un pays où près de 75 % de la population a moins de 35 ans, cet événement ravive les inquiétudes sur la gestion des revendications étudiantes, malgré l’arrivée au pouvoir en 2024 d’un exécutif porté par la promesse d’une rupture politique.
Avec les informations de TV5 Monde