Algérie–France : Ségolène Royal propose un plan pour relancer le dialogue
Nouvellement élue à la présidence de l’Association France-Algérie le 18 décembre 2025, l’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal a présenté, le 17 janvier, une série de propositions destinées à relancer une relation fortement dégradée entre Paris et Alger.
Intervenant lors d’une rencontre organisée par l’IRIS, elle a centré son plan sur les questions de mémoire, d’histoire et de restitution, au cœur des tensions bilatérales depuis plusieurs années.
Ségolène Royal appelle à une reconnaissance pleine des crimes de la colonisation, rejetant la notion de « rente mémorielle » qu’elle juge disqualifiante pour les victimes.
Elle estime que la reconnaissance historique est un droit et une condition préalable à toute normalisation durable.
Dans cette logique, elle plaide pour la restitution complète des objets et vestiges coloniaux, citant notamment les biens de l’émir Abdelkader, le canon Baba Merzoug, ainsi que les crânes de combattants algériens conservés dans des collections françaises.
Troisième axe : les essais nucléaires français dans le Sahara. L’ancienne ministre demande l’ouverture totale des archives, l’actualisation des données sur les contaminations radioactives et des actions de dépollution, qu’elle présente aussi comme une opportunité de coopération économique et environnementale.
Bien accueillies en Algérie, ces propositions restent symboliques sur le plan diplomatique, l’Association France-Algérie n’ayant aucun pouvoir contraignant sur l’État français. Elles témoignent néanmoins d’une volonté de rouvrir le dialogue sur des dossiers longtemps bloqués.
Avec les informations de Jeune Afrique