Niger : des communautés réclament réparation pour les crimes coloniaux
Au Niger, la question des crimes coloniaux français refait surface plus de six décennies après l’indépendance, avec des voix de plus en plus nombreuses réclamant réparation et indemnisation.
Si aucune demande officielle n’a encore été déposée par l’État nigérien, plusieurs communautés victimes des exactions de l’armée coloniale commencent à structurer leurs revendications.
C’est le cas du village de Maijirgui, où plus de 200 personnes furent massacrées en juillet 1899 par la mission Voulet-Chanoine, lors de la conquête militaire du Sahel.
Les descendants des victimes, comme Sayyabou Sallaou, appellent aujourd’hui les autorités nigériennes à inscrire leur localité parmi les villages ayant subi des dommages, en vue d’un éventuel dédommagement de la France.
Pour l’historien Malam Issa Mahaman, la réparation est essentielle à la réhabilitation de la dignité des Nigériens : elle constituerait une reconnaissance officielle des crimes et une restauration de la fierté collective.
Sur le plan juridique, le juriste Ibrahim Namaiwa rappelle que les crimes coloniaux sont imprescriptibles et peuvent donc être jugés.
Il souligne que des communautés ont déjà saisi l’ONU, qui a désigné un rapporteur chargé du dossier.
Malgré la dégradation des relations entre Paris et Niamey, les experts estiment que le contexte régional, notamment les procédures engagées au Sénégal sur les tirailleurs africains, pourrait ouvrir une nouvelle fenêtre juridique et diplomatique pour les revendications nigériennes.
Avec les informations de Deutsche Welle