Cameroun : Yaoundé peine à expliquer l’énorme écart sur les exportations d’or
Le 6 janvier, le ministère camerounais des Mines et la société publique Sonamines ont réagi au décalage massif entre les exportations officielles d’or et les données d’importation étrangères. En 2023, Yaoundé déclarait 22,3 kg exportés, contre 15,2 tonnes recensées par les Émirats arabes unis, principal acheteur.
Le ministre par intérim Fuh Calistus Gentry a rappelé que la Sonamines détient le monopole de la commercialisation de l’or. Il affirme toutefois que l’État manque de moyens techniques et financiers pour assurer un suivi efficace, en particulier sur une production artisanale difficile à contrôler.
Le directeur général de la Sonamines, Serge Hervé Boyogueno, déplore une fuite d’or massive antérieure à la création de l’organisme, et critique le manque de coordination entre acteurs publics. Il estime que la fiscalité en vigueur encourage les circuits d’exportation illégale.
Les deux responsables appellent à la fermeture immédiate des sites non conformes et à un renforcement des capacités institutionnelles. Mais aucun ne reconnaît de faute dans la gestion actuelle du secteur aurifère, malgré les chiffres alarmants révélés par le rapport ITIE.
Des experts pointent une réponse incomplète : ni le ministère ni la Sonamines n’évoquent le rôle de la corruption, pourtant régulièrement souligné dans les évaluations internationales sur la gouvernance minière au Cameroun.
Avec les informations de RFI