Francophonie : vers un duel Rwanda-RDC pour la tête de l’OIF au Sommet du Cambodge?
À l’approche du Sommet de la Francophonie de novembre 2026 au Cambodge, la bataille pour le secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’annonce sensible. Le Rwanda a officiellement annoncé son soutien à Louise Mushikiwabo, actuelle secrétaire générale, candidate à un troisième mandat après sept années à la tête de l’institution. Kigali met en avant un bilan « positif et salué », ainsi que la nécessité de poursuivre les réformes engagées.
Cette annonce précoce intervient dans un climat diplomatique régional tendu, marqué par la crise sécuritaire persistante à l’est de la République démocratique du Congo et les relations dégradées entre Kinshasa et Kigali. Bien que la RDC n’ait pas encore désigné de candidat, plusieurs observateurs évoquent l’émergence possible d’une candidature issue d’Afrique centrale, notamment de la RDC ou du Burundi, ce qui ferait de cette élection un nouvel espace de confrontation diplomatique indirecte.
Au-delà des rivalités nationales, la candidature de Louise Mushikiwabo relance un débat structurel au sein de l’OIF : celui de la rotation géographique. Après deux mandats successifs d’une représentante de l’Afrique de l’Est et centrale, certains États membres pourraient plaider pour une alternance régionale, au nom de l’équilibre institutionnel et du respect des principes de gouvernance de l’organisation.
Le Rwanda semble vouloir anticiper toute contestation en construisant rapidement un consensus, méthode privilégiée à l’OIF. Mais le souvenir du précédent de 2014, marqué par des divisions africaines ayant conduit à l’élection d’une candidate du Nord, reste présent. Le Sommet du Cambodge pourrait ainsi devenir un test majeur pour l’unité diplomatique africaine au sein de la Francophonie.
Avec les informations de Afrik