Tchad : reprise des combats entre l’armée et le MPRD dans le sud
Des affrontements meurtriers ont opposé, le 13 janvier 2026, l’armée tchadienne aux rebelles du Mouvement pour la paix, la reconstruction et le développement (MPRD) dans la localité de Korbol, au sud du Tchad. Selon un communiqué militaire publié le 14 janvier, les combats ont causé la mort de trois soldats tchadiens et fait dix blessés au sein des forces de défense et de sécurité. De son côté, le secrétaire général du MPRD, Luc Beyam Bebha, a reconnu la mort de trois combattants et deux blessés dans les rangs rebelles.
Ces violences surviennent à l’issue d’un ultimatum adressé le 11 janvier par l’armée au MPRD, lui donnant 48 heures pour déposer les armes. Selon des sources sécuritaires, une colonne de l’armée aurait été prise dans une embuscade alors qu’elle tentait de se rapprocher des positions rebelles. Les jours précédant l’attaque avaient été marqués par un renforcement notable du dispositif militaire, notamment à Sahr, une zone stratégique proche de la frontière centrafricaine.
Fondé en 2003, le MPRD revendique ouvertement le renversement du pouvoir en place, estimant toute alternance politique pacifique impossible. Ces combats illustrent la fragilité persistante de la stabilité tchadienne, malgré les promesses de normalisation politique post-transition. Sur le plan régional, la recrudescence des violences dans le sud fait craindre une porosité accrue des frontières avec la Centrafrique, déjà marquée par des groupes armés, et pourrait compliquer les efforts de sécurisation du bassin sahélo-saharien, dans un contexte de recomposition des alliances sécuritaires en Afrique centrale.
Avec les informations de Jeune Afrique