Fuite de cerveaux : Dakar s’inquiète du départ d’enseignants vers la Guinée

Le 4 janvier 2026, les autorités sénégalaises ont exprimé leur inquiétude face au départ massif de 59 enseignants-chercheurs recrutés par des universités publiques guinéennes.

Dans une circulaire adressée aux recteurs, le ministère de l’Enseignement supérieur évoque une possible infraction aux textes en vigueur, qui interdisent l’enrôlement dans la fonction publique d’un autre pays.

Cette alerte relance le débat sur la fuite des cerveaux, que certains universitaires analysent comme une conséquence directe des conditions de travail insatisfaisantes dans les établissements sénégalais.

Le professeur Mor Gassama, de l’université Cheikh-Anta-Diop, souligne qu’il s’agit avant tout d’un mouvement vers de meilleures perspectives professionnelles, partagé par d’autres secteurs.

Le départ de ces enseignants survient alors que le Sénégal prévoit un recrutement inédit de 500 enseignants-chercheurs dans les mois à venir, pour compenser un déficit structurel dans ses huit universités publiques.

Ce déficit affecte gravement les disciplines clés, notamment l’intelligence artificielle, la cybersécurité ou le spatial, considérées comme stratégiques pour le développement du pays.

Le ministère souhaite également mobiliser la diaspora scientifique pour combler les besoins, évalués à 1 500 postes, sans compter les départs à la retraite.

Le principal syndicat du supérieur, le SAES, juge l’effort encourageant mais appelle à un plan de recrutement pluriannuel durable.

Ce double mouvement – départs vers l’étranger et pénurie interne – met en évidence la nécessité d’un investissement structurel dans l’enseignement supérieur sénégalais.

Avec les informations de RFI
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