Ghana : l’arrestation de Ken Ofori-Atta ouvre une bataille judiciaire internationale
L’arrestation aux États-Unis de Ken Ofori-Atta, ancien ministre des Finances du Ghana de 2017 à 2024, constitue un tournant judiciaire et politique majeur en Afrique de l’Ouest. Interpellé par les services américains de l’immigration, il est poursuivi pour blanchiment d’argent et détournement de fonds publics, après avoir été visé par une notice rouge d’Interpol en juin 2025. Les autorités ghanéennes l’accusent notamment de transferts financiers illicites vers des comptes offshore.
Figure centrale du régime de l’ex-président Nana Akufo-Addo, Ofori-Atta laisse derrière lui un lourd héritage économique. Sous son mandat, le Ghana a connu une inflation dépassant les 50 %, une dépréciation rapide du cédi et un défaut de paiement historique, contraignant Accra à négocier un programme d’assistance de 3 milliards de dollars avec le FMI. Malgré deux tentatives de destitution parlementaire en 2022, il était resté en fonction jusqu’à l’alternance politique de décembre 2024.
L’arrestation est perçue comme une victoire symbolique pour le président John Mahama, revenu au pouvoir et engagé dans une vaste campagne d’audits contre ce qu’il qualifie de « décennie de gestion opaque ». À l’inverse, le NPP dénonce une instrumentalisation politique et conteste l’implication des juridictions américaines.
Sur le plan diplomatique, cette affaire illustre le durcissement de la coopération judiciaire transatlantique, notamment dans le cadre de la lutte contre les flux financiers illicites. Une éventuelle extradition vers le Ghana pourrait toutefois s’étendre sur plusieurs mois, mettant à l’épreuve les relations entre Accra et Washington et servant de précédent régional dans la lutte contre la corruption des élites politiques.
Avec les informations de Afrik