Guinée-Bissau : la junte et la Cedeao face au dilemme de la transition

La Guinée-Bissau demeure dans l’incertitude politique plus d’un mois après le coup d’État militaire de novembre 2025, qui a interrompu le processus électoral. Le 10 janvier 2026, le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Cedeao, accompagné de son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye, a mené des discussions à Bissau avec la junte conduite par le général Horta N’Tam.

Les médiateurs régionaux plaident pour une transition courte, inclusive et transparente, destinée à rétablir rapidement l’ordre constitutionnel. La junte avait initialement annoncé une transition d’un an, mais estime désormais qu’une telle durée est insuffisante. Selon un membre du Haut Commandement militaire, une « période de sécurité » prolongée serait nécessaire pour stabiliser le pays avant l’organisation de nouvelles élections.

Le putsch est intervenu quelques jours après les élections présidentielle et législatives de novembre 2025, qui avaient vu le président Umaro Sissoco Embaló briguer un second mandat. Depuis, plusieurs figures de l’opposition ont été arrêtées. Les dirigeants de la Cedeao ont notamment rendu visite en prison à Domingos Simões Pereira (DSP), ancien Premier ministre et chef du PAIGC, emprisonné après avoir été déclaré inéligible par la Cour suprême.

Fin décembre 2025, la junte a libéré six opposants, suivis de trois autres début janvier, mais sans calendrier clair pour les libérations restantes. La possibilité d’un déploiement d’une force d’intervention de la Cedeao a également été évoquée, une option perçue par les autorités militaires comme une atteinte potentielle à la souveraineté nationale.

Avec les informations de Jeune Afrique
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