Ghana : le pays engage l’affinage industriel de plus de 50 % de son or artisanal
Le Ghana a franchi une étape décisive dans la transformation locale de ses ressources minières. Fin janvier 2026, le pays, premier producteur d’or d’Afrique, a conclu un accord stratégique visant à affiner sur son territoire une part significative de sa production artisanale, jusque-là majoritairement exportée sous forme brute.
Le 20 janvier, l’agence publique Goldbod, chargée de l’encadrement de l’or artisanal et de petite échelle, a signé un contrat d’approvisionnement avec la raffinerie Gold Coast. À compter du 1ᵉʳ février, cette installation doit affiner une tonne d’or par semaine, soit environ 52 tonnes par an. Ce volume représente plus de 50 % de la production artisanale attendue en 2025, un niveau inédit pour le pays.
Selon le vice-président du Goldbod, Richard Nunepkeku, l’enjeu est de créer une véritable valeur ajoutée nationale en maîtrisant l’ensemble de la chaîne, du minerai au métal raffiné. Jusqu’ici, l’or artisanal ghanéen était exporté sous forme de doré vers des raffineries étrangères, notamment en Afrique du Sud ou en Suisse, entraînant une perte de revenus liés à l’affinage et à la certification.
Le développement du raffinage local vise plusieurs objectifs : création d’emplois qualifiés, réduction des coûts externes, certification sur place de la pureté du métal et meilleur contrôle des flux. À terme, le Ghana ambitionne l’obtention de la certification LBMA, indispensable pour accéder aux marchés internationaux les plus rémunérateurs. Le processus, soutenu par un partenariat avec une raffinerie sud-africaine certifiée, pourrait s’étaler sur trois à cinq ans.
Enfin, cette réforme est aussi pensée comme un outil de lutte contre la contrebande. Selon l’ONG Swissaid, entre 24 et 34 tonnes d’or quitteraient chaque année le Ghana de manière illégale, privant l’État de recettes importantes.
Avec les informations de Deustche Welle