Guinée-Bissau : le CNT adopte une révision constitutionnelle majeure
Le Conseil national de transition (CNT) de Guinée-Bissau a adopté, le 13 janvier 2026, une révision majeure de la Constitution, mettant fin à 30 années sans modification du texte fondamental, la dernière révision remontant à 1995. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse par le porte-parole de l’institution.
Cette réforme constitutionnelle intervient dans un contexte politique sensible. Le pays est dirigé depuis le 27 novembre 2025 par un Haut commandement militaire, à la suite du renversement du président Umaro Sissoco Embalo, survenu 24 heures avant la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre.
Adoptée initialement en 1973, lors de la proclamation de l’indépendance le 24 septembre, la Constitution bissau-guinéenne avait déjà été révisée en 1984, 1991 et 1995. Le nouveau texte réorganise notamment le préambule, en supprimant certaines références idéologiques révolutionnaires afin d’en faire une Constitution « de tous les Guinéens ».
Sur le fond, la révision maintient le système semi-présidentiel bicéphale, tout en renforçant significativement les pouvoirs du Président de la République. Celui-ci devient Chef du gouvernement, dirige l’exécutif, préside le Conseil des ministres et coordonne l’action du Premier ministre, désormais placé sous son autorité.
Le gouvernement demeure politiquement responsable à la fois devant le Président et devant l’Assemblée nationale, qui conserve ses prérogatives législatives et de contrôle, notamment les motions de censure et de confiance. Le Président conserve également le pouvoir de dissolution du Parlement, conformément à l’article 79 du texte révisé.
Selon le CNT, cette réforme vise avant tout à clarifier les compétences et à réduire les conflits institutionnels récurrents.
Avec les informations de APANews