Kenya : lancement d’un plan de sauvetage pour relancer sa filière cajou
Confronté à l’effondrement de sa production de noix de cajou, le Kenya tente de relancer une filière devenue marginale sur le marché africain. Les autorités ont annoncé, début janvier 2026, un plan de sauvetage agricole reposant sur l’introduction de nouvelles variétés et un accompagnement renforcé des producteurs.
Selon le ministre de l’Agriculture, Mutahi Kagwe, une première variété de cajou à haut rendement et résistante aux maladies a été développée par la recherche nationale. Environ 20 000 plants seront distribués lors de la prochaine saison des longues pluies, tandis que quatre autres variétés améliorées sont attendues d’ici six mois. Le programme est piloté par l’Autorité de l’Agriculture et de l’Alimentation (AFA), avec l’appui des comtés, du service phytosanitaire KEPHIS et des services de vulgarisation agricole.
L’initiative vise à inverser une tendance lourde : la production nationale est passée de plus de 22 000 tonnes en 2014 à moins de 8 000 tonnes en 2024. Les causes identifiées incluent la pression des maladies, la coupe des arbres pour le bois-énergie et la perte d’attractivité économique de la culture. Les autorités misent aussi sur de meilleures pratiques agricoles, comme l’espacement des arbres, l’association culturale et le greffage de rajeunissement.
Sur le plan économique, Nairobi cherche à approvisionner des unités locales de transformation sous-utilisées et à accroître les recettes d’exportation. Mais le Kenya reste un acteur secondaire face à la Tanzanie, dont la production pourrait atteindre 700 000 tonnes en 2025-2026, et à la Côte d’Ivoire, leader mondial avec 1,5 million de tonnes produites en 2025. La réussite de ce plan conditionnera donc la capacité du Kenya à se repositionner durablement sur le marché régional du cajou.
Avec les informations de La Tribune