Guinée : Mamadi Doumbouya, du putsch à la présidence consacrée

Quatre ans après avoir renversé Alpha Condé lors d’un coup d’État en septembre 2021, le général Mamadi Doumbouya a été officiellement investi président de la Guinée pour un mandat de sept ans, à l’issue d’une élection largement remportée le 28 décembre 2025 avec 86,72 % des suffrages et un taux de participation annoncé de 80,95 %. La cérémonie, organisée dans un stade de Conakry devant près de 50 000 personnes, marque la transformation formelle d’un pouvoir militaire en pouvoir civil légitimé par les urnes.

Initialement porté par une forte adhésion populaire, le chef de la junte avait promis de ne pas se présenter à la fin de la transition. Il est finalement revenu sur cet engagement, consolidant depuis un régime caractérisé par la suspension de partis politiques, la répression des manifestations et l’arrestation ou l’exil de figures de l’opposition. Sa campagne, menée principalement par son entourage, s’est appuyée sur le mouvement GMD (Génération pour la Modernité et le Développement), sans véritable concurrence électorale.

Sur le plan régional, l’accession de Doumbouya s’inscrit dans une séquence ouest-africaine marquée par la normalisation progressive de régimes issus de coups d’État. Contrairement aux juntes sahéliennes, Conakry a toutefois adopté une stratégie de non-alignement, maintenant des relations fonctionnelles avec la France, les États-Unis, la Russie et les institutions financières internationales. Cette posture diplomatique a permis à la Guinée d’éviter un isolement durable et de sécuriser des investissements majeurs, notamment le lancement du projet minier Simandou, crucial pour l’économie nationale.

La consécration présidentielle de Mamadi Doumbouya illustre ainsi une recomposition politique régionale, où la légitimité électorale devient un outil de stabilisation internationale des pouvoirs issus de ruptures constitutionnelles.

Avec les informations de TV5 Monde 
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