Mali : Jeune Afrique interdit de diffusion sur fond de tensions avec la presse

Le 17 janvier 2026, le gouvernement malien a annoncé l’interdiction totale de la circulation, distribution et vente du journal Jeune Afrique, accusé d’« apologie du terrorisme », de « diffamation » et d’« incitation à la haine ». Cette décision, officialisée par le ministère de l’Administration territoriale, s’inscrit dans un contexte de durcissement continu contre la presse depuis l’arrivée au pouvoir des militaires à la suite des coups d’État de 2020 et 2021.

Les autorités justifient cette mesure par la « nécessité de préserver l’ordre public ». Elles reprochent notamment à JA des « accusations fallacieuses » liées à la crise du carburant qui a paralysé le pays en octobre et novembre 2025, à la suite d’un blocus imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). Un article publié le 15 janvier 2026, critiquant les solutions sécuritaires mises en place par les autorités pour acheminer les hydrocarbures, est explicitement visé.

Le gouvernement évoque également des articles faisant état de présumées exactions contre des civils, attribuées à l’armée malienne et à ses alliés russes d’Africa Corps, dans le cadre des opérations contre les groupes jihadistes actifs depuis 2012.

Dans un communiqué, Jeune Afrique Media Group a dénoncé une décision « arbitraire et archaïque », estimant qu’elle porte atteinte au droit des Maliens à une information pluraliste. Depuis plusieurs années, plusieurs médias étrangers ont été suspendus, et des journalistes contraints à l’exil ou réduits au silence, confirmant une dégradation marquée de la liberté de la presse au Mali.

Avec les informations de Jeune Afrique 
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