Guinée équatoriale : Ciudad de la Paz devient la nouvelle capitale politique
Le 4 janvier 2026, un décret présidentiel a officialisé le transfert de la capitale politique de la Guinée équatoriale vers Ciudad de la Paz, une ville nouvelle située dans la province continentale de Djibloho.
Cette décision historique met fin au statut de Malabo, capitale insulaire héritée de l’époque coloniale espagnole, et amorce un déplacement symbolique du centre du pouvoir vers le continent.
Toutes les institutions – présidence, gouvernement, assemblées, organes constitutionnels – disposent d’un an pour rejoindre la nouvelle cité administrative.
Le projet, initié il y a deux décennies, représente un investissement majeur dans un pays où les revenus pétroliers n’ont pas empêché la persistance de fortes inégalités.
Les autorités invoquent la centralité géographique de Ciudad de la Paz et son potentiel d’expansion, à l’inverse de Malabo, à l’étroit sur l’île de Bioko.
Cette mutation illustre une volonté de rééquilibrage historique entre Bioko, centre du pouvoir, et le continent, où vit la majorité de la population.
Mais le déménagement soulève de nombreuses interrogations : avenir de Malabo, avenir de Bata, capitale économique déjà saturée, et risque d’une dilution des investissements.
Au-delà de la symbolique, l’opération rappelle d’autres capitales créées ex nihilo sur le continent, souvent perçues comme des instruments de légitimation du pouvoir.
Le nom même de la nouvelle capitale – Ciudad de la Paz – exprime l’ambition affichée de stabilité, alors que la gouvernance reste fortement centralisée et autoritaire.
Dans un pays où les besoins en infrastructures de base demeurent criants, la pertinence socio-économique du projet divise, entre vitrine moderniste et déconnexion sociale.
Avec les informations de Africa Presse