Égypte : le Parlement durcit sévèrement les sanctions contre la désertion militaire
En Égypte, la Chambre des représentants a approuvé un amendement renforçant nettement les sanctions contre la désertion et l’évitement du service militaire. Le projet, validé par la commission de la défense et de la sécurité nationale, s’inscrit dans un contexte où l’institution militaire demeure centrale dans la vie politique et sociale du pays.
Selon les nouvelles dispositions, tout citoyen âgé de plus de 30 ans ayant échappé au recrutement encourt désormais une peine de prison assortie d’une amende comprise entre 20 000 et 100 000 livres égyptiennes, contre un plafond antérieur fixé à 10 000 livres. Cette hausse vise à renforcer l’effet dissuasif, dans un contexte économique marqué par une forte pression sur le pouvoir d’achat.
Le texte durcit également les sanctions applicables aux réservistes. Ceux qui ne répondent pas à une convocation sans justification valable s’exposeront désormais à une amende de 10 000 à 20 000 livres, contre un maximum de 3 000 livres auparavant. Cette mesure élargit la capacité de mobilisation rapide des effectifs militaires par l’État.
Ces amendements traduisent un choix assumé de recours accru à l’outil pénal pour garantir le respect des obligations militaires, sans réforme parallèle des conditions du service, souvent perçu par les jeunes comme un frein à l’insertion professionnelle.
Le projet introduit toutefois une mesure à forte portée symbolique. Les fils et frères des personnes tuées ou blessées lors d’opérations terroristes, ainsi que les proches de disparus, bénéficieront désormais d’une exemption définitive du service militaire. Présentée comme une reconnaissance des sacrifices nationaux, cette disposition n’efface pas les critiques sur le caractère essentiellement répressif de la réforme.
Avec les informations de APANews