Éthiopie : l’Armée de libération Oromo rejette les accusations d’exactions contre les civils
En Éthiopie, l’Armée de libération Oromo (OLA) a rejeté les accusations d’exactions visant des civils, formulées par le gouvernement et des organisations internationales. Dans une rare interview accordée à l’Associated Press, son chef militaire Jaal Marroo, activement recherché par les autorités, a assuré que ses combattants respectent une « discipline militaire stricte » et condamnent toute violence contre des civils innocents.
Active depuis 2018, l’OLA combat le gouvernement éthiopien principalement dans la région d’Oromia, la plus peuplée du pays avec environ 40 millions d’habitants. Les autorités qualifient le mouvement de terroriste et l’accusent de massacres à caractère ethnique. De leur côté, les Nations unies ont documenté des accusations graves contre l’OLA, incluant meurtres, viols et enlèvements.
Les organisations de défense des droits humains soulignent toutefois que les forces gouvernementales sont également impliquées dans des violations. Amnesty International affirme que les deux camps sont responsables d’exécutions extrajudiciaires, de tortures et de violences sexuelles. L’accès restreint à l’Oromia pour les journalistes et les ONG rend le conflit largement sous-médiatisé.
Les conséquences humanitaires sont lourdes. En janvier 2025, l’ONU estimait que 3,2 millions d’enfants étaient privés d’école à cause des combats. Les infrastructures sanitaires sont gravement touchées. En 2023, le CICR indiquait que presque tous les 42 centres de santé du district de Begi avaient été pillés ou endommagés.
Malgré des offensives ayant affaibli l’OLA et des annonces officielles sur le retour de déplacés, le conflit continue de déstabiliser l’Oromia, laissant les civils pris au piège d’une violence persistante.
Avec les informations de Africanews