Kenya : Nairobi dénonce l’enrôlement forcé de ses ressortissants par la Russie
Le Kenya a vivement dénoncé l’enrôlement forcé de ses ressortissants par l’armée russe, qualifiant la situation d’« inacceptable » et assimilable à l’utilisation de « chair à canon ». Selon les autorités kényanes, environ 200 citoyens auraient été recrutés à travers des réseaux opérant à Nairobi, attirés par des promesses de salaires compris entre 920 et 2 400 euros par mois, soit jusqu’à vingt fois le revenu moyen local.
Une fois arrivés en Russie, ces hommes, pour la plupart sans expérience militaire, auraient été contraints de signer des contrats en langue cyrillique les engageant auprès de l’armée russe. Plusieurs témoignages recueillis par l’AFP font état d’un déploiement quasi immédiat sur le front ukrainien, parfois après seulement quelques jours de formation, voire aucune. Des combats près de Vovtchansk, dans la région de Kharkiv, auraient coûté la vie à de nombreux combattants africains, ciblés par des frappes de drones.
Le ministère kényan des Affaires étrangères affirme avoir déjà facilité le retour de 27 ressortissants et évoque des témoignages faisant état de blessures graves, de pertes humaines et de travaux dangereux imposés sans protection, notamment l’assemblage de drones et la manipulation de produits chimiques. Le chef de la diplomatie, Musalia Mudavadi, a annoncé une visite à Moscou en mars 2026 afin d’exiger la fin de ces pratiques.
À l’échelle africaine, Kiev affirme avoir identifié au moins 1 436 ressortissants de 36 pays africains combattant aux côtés de la Russie. Une ONG internationale estime que certains programmes de recrutement remplissent les critères de la traite des êtres humains, renforçant les préoccupations diplomatiques de Nairobi.
Avec les informations de Jeune Afrique