Mali : le conflit avec Barrick fait chuter la production nationale d’or

La production industrielle d’or du Mali a fortement reculé en 2025, atteignant 42,2 tonnes, soit une baisse de 22,9 % par rapport à 2024 (54,8 tonnes), selon des données provisoires du ministère des Mines relayées par Reuters. Ce recul marque une rupture nette après un pic de 66,48 tonnes en 2023, et s’explique principalement par le conflit entre l’État malien et le groupe canadien Barrick Mining autour de l’application du nouveau code minier.

Au cœur de cette crise, le complexe Loulo-Gounkoto, premier site aurifère du pays, a vu sa production chuter de 22,5 tonnes en 2024 à seulement 5,5 tonnes en 2025, en raison de la suspension prolongée des opérations et de perturbations liées au bras de fer juridique. Cette situation a profondément modifié la hiérarchie des producteurs : B2Gold est devenu le premier producteur industriel du pays avec 17,5 tonnes, suivi d’Allied Gold (9,58 tonnes).

La production artisanale est restée stable à 6 tonnes, portant la production totale nationale à 48,2 tonnes, soit 6 tonnes de moins que la prévision officielle de 54 tonnes.

Le conflit est né de la réforme du code minier de 2023, qui porte la participation de l’État à 35 % dans les projets. Après des saisies d’or, une administration provisoire et un arbitrage international, un accord a été conclu fin novembre 2025. Barrick aurait accepté un paiement estimé à 244 milliards FCFA (environ 370 millions d’euros), selon Bloomberg.

Pour 2026, la reprise de la production dépendra de la normalisation de Loulo-Gounkoto, dans un contexte de prix porteurs, l’once d’or pouvant atteindre 4 800 dollars d’ici fin 2026 selon Morgan Stanley.

Avec les informations de La Tribune 
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