Niger : un comité d’experts pour revoir la valorisation de l’uranium

Le Niger a officiellement installé, le 20 janvier 2026 à Niamey, un comité d’experts chargé de réexaminer les mécanismes de valorisation du prix de l’uranium naturel. La cérémonie a été présidée par le ministre de la Justice, Alio Daouda, qui a souligné la volonté de l’État de reprendre le contrôle économique et juridique de ses ressources stratégiques.

Selon les autorités, le comité devra analyser les méthodes historiques de fixation des prix de l’uranium à la lumière des évolutions du droit international, des sciences de l’énergie et des marchés mondiaux. L’objectif est d’assurer une rémunération jugée plus équitable de cette ressource, pilier de l’économie nigérienne depuis plusieurs décennies.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté économique. En juin 2025, l’État a nationalisé la Société des mines de l’Aïr (SOMAÏR), créée en 1968 et exploitant l’uranium depuis 1971 dans la région d’Agadez. Niamey justifie cette décision par la nécessité de sécuriser un secteur stratégique et de protéger l’intérêt national.

La mise en place du comité intervient aussi dans un contexte de tensions diplomatiques avec la France, après l’ouverture d’une enquête visant le Niger pour des accusations de vol d’uranium portées par Orano. Les autorités nigériennes affirment vouloir défendre leurs intérêts avec des arguments « techniquement fondés et juridiquement étayés ».

À l’échelle régionale, cette démarche pourrait inspirer d’autres États producteurs du Sahel à renégocier leurs contrats miniers, renforçant une dynamique de reprise de contrôle des ressources naturelles face aux partenaires étrangers.

Avec les informations de Tchadinfos 
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