Mali : les jihadistes du Jnim ciblent l’économie malienne à travers la mine de Morila
Le samedi 3 janvier, des jihadistes affiliés au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), lié à Al-Qaïda, ont mené une première attaque contre la mine d’or de Morila, dans la région de Bougouni au sud du Mali. Vers 13h, ils ont pénétré sur le site en nombre indéterminé, prenant temporairement le contrôle de l’exploitation. Ils ont incendié des engins, endommagé des infrastructures et enlevé sept personnes — deux employés et cinq agents de sécurité issus des forces armées maliennes.
Le dimanche matin, les assaillants sont revenus sur le site, ont procédé à de nouveaux incendies, puis relâché les otages. L’intervention de forces spéciales maliennes, accompagnées de leurs « partenaires », vraisemblablement russes, a eu lieu peu après. Le site devait être sécurisé pour au moins 48 heures.
Cette attaque s’inscrit dans la stratégie du Jnim de « jihad économique », qui vise à déstabiliser l’État malien en ciblant les infrastructures industrielles et minières, dans un contexte de pénurie de carburant amplifiant les risques sécuritaires.
La mine de Morila, dont l’exploitation avait repris en 2025 grâce à un accord entre la société publique Sorem et l’entreprise américaine Flagship Minerals, devient ainsi un symbole des vulnérabilités de l’économie malienne face aux groupes armés. La situation fragilise la confiance des investisseurs et souligne les limites de la sécurisation actuelle des sites stratégiques.
Avec les informations de RFI