Mali–Algérie : depuis sa cellule, Choguel Maïga donne raison à la main tendue de Tebboune

Depuis sa cellule de la prison de Koulikoro, où il est détenu depuis le 19 août 2025, l’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a adressé une lettre au président algérien Abdelmadjid Tebboune, appelant à la reprise du dialogue entre Bamako et Alger. Cette initiative marque un revirement politique majeur pour celui qui avait incarné la ligne dure malienne lors de la rupture avec l’Algérie en janvier 2024, après la dénonciation de l’Accord pour la paix de 2015.

Dans sa missive, Maïga évoque la « solide amitié » entre les deux peuples et appelle à tourner la page des tensions, reconnaissant implicitement l’impasse diplomatique actuelle. Les relations bilatérales s’étaient fortement détériorées après des accusations d’« ingérence » formulées par Bamako contre Alger, accusée d’entretenir des liens avec certains opposants maliens. Malgré cela, l’Algérie a maintenu une posture de retenue, son chef de la diplomatie Ahmed Attaf réaffirmant en novembre 2025 une « patience inépuisable » et une disponibilité au dialogue.

Sur le plan régional, cette lettre rappelle la place incontournable de l’Algérie dans la stabilité sahélienne. Le pays partage plus de 1 300 km de frontière avec le Mali et a joué un rôle clé dans toutes les médiations majeures depuis les années 1990. Le geste de Choguel Maïga constitue aussi un message indirect à la junte malienne, invitée à reconsidérer une stratégie d’isolement diplomatique qui fragilise la lutte sécuritaire et la coopération régionale.

Si elle n’engage pas officiellement l’État malien, cette démarche ouvre une brèche politique : celle d’un possible rééquilibrage diplomatique, indispensable dans un Sahel fragmenté, où aucune solution durable ne peut être envisagée sans l’Algérie.

Avec les informations de Afrik
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