Répression en Tanzanie : une ONG documente des « exécutions sommaires »
Les violences ayant suivi les élections générales du 29 octobre 2025 en Tanzanie continuent de susciter une vive préoccupation internationale. Dans un rapport publié le 11 janvier, le Centre for Information Resilience (CIR), une ONG britannique spécialisée dans les enquêtes en sources ouvertes, affirme avoir documenté de graves violations des droits humains, dont des « exécutions sommaires » attribuées aux forces de sécurité tanzaniennes.
Selon l’organisation, l’enquête repose sur l’analyse de 185 images et vidéos, complétées par des images satellites et des prises de vue par drone couvrant la période du 29 octobre au 4 novembre. Ces éléments montreraient l’usage répété de balles réelles contre des manifestants en fuite à Dar es Salaam, Arusha et Mwanza. Des séquences authentifiées révèlent également l’intervention d’hommes armés en civil et des tirs indiscriminés dans des zones résidentielles.
Le CIR affirme par ailleurs avoir identifié de possibles fosses communes, notamment près du cimetière de Kondo, ainsi que des structures temporaires assimilées à des morgues de fortune. Des témoignages médicaux font état du transfert de centaines de blessés et de dépouilles vers des lieux tenus secrets. L’ONG estime que ces éléments indiquent une répression organisée, et non des violences isolées, même si la chaîne de commandement reste difficile à établir.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte politique tendu. Les résultats officiels, attribuant plus de 97 % des voix à la présidente sortante Samia Suluhu Hassan, sont contestés par l’opposition, qui évoque environ 2000 morts. La coupure nationale d’Internet et les arrestations préélectorales renforcent les accusations de dérive autoritaire. En l’absence d’enquête nationale crédible, plusieurs ONG appellent désormais à des investigations internationales, un enjeu clé pour la stabilité politique et les relations diplomatiques futures de la Tanzanie.
Avec les informations de Le Figaro