Somaliland et Sahara : l’ONU sommée d’appliquer le droit avec cohérence

Le 1er janvier 2026, la réaction quasi unanime du Conseil de sécurité contre la reconnaissance du Somaliland par Israël a ravivé un principe fondateur du droit international : l’intangibilité des frontières héritées et le rejet des reconnaissances unilatérales. Pour l’ONU, le Somaliland reste une région sécessionniste de la Somalie, dont l’unité est juridiquement protégée.

Ce rappel de la primauté du droit suscite un effet miroir : il met en lumière l’incohérence du traitement réservé au Sahara occidental, territoire non autonome inscrit à l’ONU comme relevant d’un processus de décolonisation. Contrairement au Somaliland, il ne s’agit pas d’une sécession, mais d’un peuple colonisé en attente d’un référendum d’autodétermination, principe consacré par la Charte des Nations unies.

Depuis plusieurs années, le langage onusien sur ce dossier s’est infléchi, favorisant des « solutions politiques réalistes » souvent perçues comme un blanc-seing au plan d’autonomie marocain. Or, l’ONU ne peut condamner la realpolitik dans la Corne de l’Afrique et l’accepter au Sahara occidental sans affaiblir sa propre légitimité.

La cohérence juridique devient un levier politique : si l’Organisation rejette les faits accomplis au Somaliland, elle doit en faire autant au Sahara. Ce qui est illégitime à Mogadiscio l’est aussi à Laâyoune.

Avec les informations de Afrik
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