Tunisie–Algérie : coopération sécuritaire et débat sur la souveraineté

La Tunisie est secouée par une controverse politique après des révélations sur un accord sécuritaire avec l’Algérie autorisant, sous conditions, l’intervention de forces algériennes sur son territoire. Selon des documents relayés par des médias algériens et français, l’accord prévoirait un droit d’intervention pouvant s’étendre jusqu’à 50 kilomètres à l’intérieur de la Tunisie, à la demande des autorités locales.

Officiellement, Tunis nie l’existence d’un nouvel accord, parlant d’une simple mise à jour technique du traité de coopération sécuritaire signé en 2001. Toutefois, les documents divulgués évoquent l’accès des forces algériennes à des infrastructures tunisiennes, la prise en charge par Tunis des coûts logistiques et des clauses de compensation en ressources naturelles.

La disposition la plus sensible imposerait à la Tunisie d’obtenir l’aval préalable d’Alger avant toute coopération sécuritaire avec un pays tiers. Pour plusieurs analystes, cette clause placerait de facto la politique de défense tunisienne sous tutelle régionale, en contradiction avec les accords conclus depuis 2023 avec l’Union européenne et les États-Unis.

Sur le plan diplomatique, ces révélations fragilisent le discours souverainiste du président Kaïs Saïed, au pouvoir depuis juillet 2021. Régionalement, l’accord illustre la montée en puissance de l’Algérie comme acteur sécuritaire central au Maghreb, au risque de redéfinir les équilibres stratégiques et d’accentuer les tensions avec les partenaires occidentaux de Tunis.

Avec les informations de APANews
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