Gabon : l’interdiction des sachets plastiques peine à s’imposer
Adoptée en Conseil des ministres en septembre 2025, l’interdiction des sachets plastiques à usage unique est officiellement en vigueur au Gabon. Si la mesure est globalement respectée par les supermarchés et supérettes du Grand Libreville et d’Akanda, son application demeure très inégale dans les marchés populaires et les commerces de proximité, où les contraintes économiques freinent l’adhésion.
Dans des lieux emblématiques comme le marché de Mont-Bouët, de nombreux commerçants continuent d’utiliser les sachets interdits. Le principal obstacle réside dans le coût des alternatives biodégradables : alors que les anciens sachets sont vendus entre 100 et 200 FCFA l’unité, les emballages désormais autorisés coûtent entre 300 et 500 FCFA. Une hausse significative pour les petits commerçants, déjà confrontés à des marges réduites.
Certains acteurs évoquent l’existence d’une dérogation temporaire de six mois, permettant une adaptation progressive. Cette information est toutefois démentie par le ministère de l’Environnement, dont un cadre affirme qu’aucune exemption officielle n’a été accordée. Pour plusieurs observateurs, le gouvernement aurait dû anticiper l’entrée en vigueur de la mesure par des dispositifs d’accompagnement, notamment des subventions ciblées.
Sur le plan environnemental, l’enjeu est majeur. Selon une société privée chargée de la collecte des ordures, environ 36 tonnes de déchets plastiques sont ramassées chaque jour à Libreville. L’interdiction des sachets s’inscrit dans le cadre de la loi contre la pollution, votée le 7 juin 2024 sous la transition. À terme, les autorités espèrent réduire durablement la pollution plastique et ses impacts sur la santé publique, à condition de lever les freins économiques à son application effective.
Avec les informations de LSI Africa