Tunisie : Moncef Marzouki pointe les échecs post-révolution

Quinze ans après la révolution tunisienne de 2011, l’ancien président Moncef Marzouki dresse un bilan sévère du processus post-révolutionnaire. À l’occasion de cet anniversaire, il estime que la révolution n’a pas atteint ses objectifs et que la Tunisie se trouve aujourd’hui dans une situation « pire qu’avant », marquée par un recul des libertés publiques, une crise socio-économique persistante et une concentration accrue du pouvoir.

Déclenchée en décembre 2010 à Sidi Bouzid par l’immolation de Mohamed Bouazizi, la révolution tunisienne avait fait naître de grands espoirs de justice sociale, de démocratie et de développement équitable. Elle avait abouti, en janvier 2011, à la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali et inspiré le Printemps arabe dans plusieurs pays de la région. Pour Moncef Marzouki, premier président élu démocratiquement après cette période, ces espoirs ont été progressivement dissipés par des compromis politiques fragiles, des blocages institutionnels et l’incapacité des élites à répondre aux attentes populaires.

L’ancien chef de l’État pointe en particulier la présidence de Kaïs Saïed, accusée d’avoir mis fin aux acquis démocratiques à travers la suspension du Parlement en 2021 et la réforme constitutionnelle de 2022. Il évoque un pouvoir exercé « d’une main de fer », avec une opposition marginalisée et un espace civique restreint.

Sur le plan régional, ce constat nourrit le débat plus large sur l’échec ou la fragilité des transitions issues du Printemps arabe. La trajectoire tunisienne, longtemps perçue comme une exception démocratique, pourrait ainsi renforcer le scepticisme international face aux transitions politiques en Afrique du Nord. Toutefois, Moncef Marzouki estime que les frustrations sociales demeurent un ferment potentiel de nouvelles mobilisations, laissant ouverte la question de l’avenir politique du pays.

Avec les informations de APANews
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