Kenya : les tarifs VTC augmentent de 50 % sur ordre du régulateur

Le 4 janvier 2026, l’Autorité nationale des transports et de la sécurité (NTSA) du Kenya a ordonné une hausse immédiate de 50 % des tarifs pratiqués par les plateformes de VTC telles qu’Uber et Bolt. Cette décision survient après plusieurs mois de protestations sociales à Nairobi, où les chauffeurs dénonçaient l’érosion de leurs revenus dans un contexte de forte inflation. Le régulateur affirme avoir pris cette mesure pour rétablir un équilibre économique durable dans le secteur.

Les syndicats de chauffeurs saluent cette décision comme une victoire. « Ce n’est pas une augmentation, c’est une correction », a déclaré Wycliffe Alutalala, représentant du syndicat des chauffeurs numériques, évoquant une forme de « subvention par la pauvreté » imposée par les modèles tarifaires précédents. Selon lui, les prix pratiqués jusqu’à présent n’étaient viables ni pour les conducteurs ni pour leurs familles, malgré l’essor de la demande.

En plus de l’augmentation des tarifs, la NTSA a rappelé aux plateformes l’obligation légale de plafonner leurs commissions à 18 %. Cette directive vise à empêcher les entreprises de compenser la hausse des prix en prélevant une part plus importante sur les revenus des chauffeurs. Le régulateur a également mis en garde les plateformes contre toute tentative de contournement, sous peine de suspension de leurs licences d’exploitation.

Cette mesure marque un tournant dans la régulation du secteur numérique en Afrique de l’Est. Le Kenya, économie leader dans la région, pourrait créer un précédent pour d’autres pays confrontés à des tensions similaires entre plateformes numériques et travailleurs indépendants. La décision de la NTSA rééquilibre les rapports de force entre multinationales du numérique et régulateurs publics.

Reste à voir comment Uber et Bolt réagiront. Une hausse des tarifs pourrait entraîner une baisse de la demande au profit des transports collectifs traditionnels comme les matatus. Mais un refus d’appliquer ces nouvelles règles exposerait les plateformes à une éviction du marché kényan, stratégique pour leurs opérations en Afrique.

Avec les informations de AITN
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