Érythrée–Éthiopie : Asmara rejette les accusations d’Addis-Abeba
Les tensions entre l’Érythrée et l’Éthiopie ont de nouveau augmenté lundi, alors qu’Asmara a fermement démenti les accusations d’Addis-Abeba affirmant que des troupes érythréennes seraient présentes sur le territoire éthiopien. L’Éthiopie réclame le retrait immédiat de ces forces et accuse l’Érythrée de soutenir des groupes rebelles combattant l’armée fédérale, notamment dans la région d’Amhara, qualifiant ces actions « d’actes d’agression ».
Le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, a qualifié ces accusations de « fausses et fabriquées » et a dénoncé une campagne hostile contre son pays depuis plus de deux ans. Il a insisté sur le fait que l’Érythrée n’a aucune intention d’attiser les tensions avec son voisin.
Historiquement, les relations entre les deux pays sont conflictuelles. L’Érythrée a obtenu son indépendance en 1993 après des décennies de guerre avec l’Éthiopie, puis un conflit meurtrier a éclaté entre 1998 et 2000. En 2019, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait amorcé un rapprochement salué par un prix Nobel de la paix, mais la guerre du Tigré (2020‑2022) a fait au moins 600 000 morts selon l’Union africaine, fragilisant cette alliance.
Officiellement, le conflit a été clos par les accords de Pretoria, mais les tensions persistent. L’Érythrée est accusée de maintenir des troupes dans certaines zones, tandis qu’Asmara soupçonne l’Éthiopie de convoiter son port stratégique d’Assab. Cette situation montre que, malgré les efforts diplomatiques, la Corne de l’Afrique reste un théâtre de rivalités historiques et de méfiance durable entre les deux voisins.
Avec les informations de Africanews